Ce projet sera utile pour l’ensemble des habitants de ce quartier mal référencé sur GoogleMap.

À la fabrique numérique de Gonesse, les jeunes stagiaires apprennent « en faisant, en expérimentant et en faisant des erreurs ». Une pédagogie qui semble fonctionner, puisque cette école du numérique un peu particulière a remporté la demi-finale du concours Challenges du Numérique, face à l’Essec et une école d’ingénieurs, pour leur projet de cartographie du quartier de la Fauconnière. De quoi booster le moral de ces jeunes. La Fabrique du numérique est en effet « un dispositif de remobilisation pour des jeunes entre 16 et 25 ans qui sont sortis de l’école, qui sont peu ou pas diplômés », explique Farah Melloulchi, chargée de développement et de partenariat à la fabrique. Pendant 5 mois et demi, une promotion d’une quinzaine de jeunes environ y expérimente tout un tas d’outils : imprimante 3D, découpe laser, logiciels, etc… « Les jeunes ont une appétence pour le numérique ; ici, on essaye de leur faire développer des usages du numérique qui vont au-delà de leur usage quotidien », poursuit la jeune femme.

La cinquième promotion planche actuellement sur un projet de cartographie du quartier où se situe la fabrique, avec un outil libre de droits, l’Openstreetmap. « On a commencé par faire des relevés d’adresse, ce qu’il y a dans les bâtiments, prendre des photos, des horaires, des numéros de téléphone, etc.… Et puis on a rentré ces données dans le logiciel, un peu comme sur le modèle de Google Map », explique Grégory, enthousiasmé par le projet. « On a décidé de travailler sur ce projet car on s’est un peu tous rendu compte qu’il est très difficile pour des gens qui ne connaissent pas les lieux d’accéder dans le quartier, on ne le trouve pas sur GoogleMap, les habitants ne se font même plus livrer chez eux », précise Farah Melloulchi. D’où l’intérêt du projet auquel seront bientôt associés les habitants. Le 10 mars prochain, une journée « Cartopartie » sera organisée avec les riverains. Ces derniers seront invités à inventorier tout ce qui compose les trois squares de leur quartier, tout ce qu’ils jugeraient utile de retrouver sur Internet, à commencer par les noms des rues, les numéros des bâtiments ou encore des photos. À la fabrique, les stagiaires entreront les données que les habitants auront amassées ce jour-là. « C’est beaucoup de travail ! » lâche un des élèves. « Mais c’est très intéressant, il faut s’aventurer dedans pour comprendre comment ça marche et puis ça concerne tout le monde, tout le monde utilise le GPS aujourd’hui », conclut Grégory.